— Chemins d'Éveil Chemins de Joie

Textes spirituels, repères unitistes et pratiques de conscience pour cheminer vers l’Éveil et la Joie


Formules en vrac

Bréviaire intérieur : pépites de lucidité à méditer librement

jardin-abondant

Je suis tout à fait d’accord pour apprendre à marcher sur les eaux. Mais pour apprendre à marcher sur la terre ?

Mon nom est Narcisse…
Je me trouve beau et peut‑être le suis‑je. Mais où donc en prendrai‑je la certitude ? Dans quel miroir ? Dans quelles eaux ?
Il fut un temps où les hommes disposaient, pour se contempler, de lacs paisibles et clairs. Ils ne disposent plus maintenant que de rigoles, de mares ou de cloaques…
C’est juste : nous disposons aussi de l’eau de notre cuvette…

Morale et droit comportent deux cercles : un très grand, pour moi tout seul et un tout‑petit pour la totalité de mes semblables.

Nos miroirs sont “sociaux”, et nous ne nous débarbouillons que du côté où nous pensons que l’on nous regardera.

Je peste contre les ennuis et souhaite n’en plus avoir…
N’est‑ce pas le contraire que je devrais faire ? Car enfin, qu’adviendra‑t‑il de moi si, un jour, je n’ai plus d’ennuis effectivement ?
Je m’endormirais.
Je cesserais d’être…

Il n’y a qu’un ciel.
“Mon ciel” est à la fois au‑dedans et au dehors de moi, et, en même temps, au‑dedans et au dehors de tous les êtres.
“Mon ciel” est donc notre ciel.
Et je puis dire : “Notre Père qui est en notre ciel”, car mon ciel est celui de Dieu.
Comme celui de Dieu est le mien et le nôtre.

Tout notre mal vient d’asnerie.”
Montaigne

S’adonner au plaisir, c’est se vouer à déglutir une jarre de crème qui devient sans cesse plus grande et pleine…

Ivresse de se sentir toujours plus savant et intelligent !…
Ivresse est le mot exact, n’est‑ce pas ?
Et puis… Reste à savoir s’il n’est pas des formes d’intelligence qui surclassent à la fois l’imbécilité et la sottise…

La conscience est une réalité.
La preuve : ça se vend… (On peut en dire autant de l’âme, du reste).

Oscar Wilde

Paracelse a noté que les grandes maladies de son époque (lèpre, syphilis…) finiraient par être éliminées du corps, ce qui ne voudrait pas dire qu’elles le seraient également de l’esprit ou de l’âme.
La Tradition dit, par ailleurs, “que tout mal doit être rejeté de l’âme d’abord”, et que, s’il n’en est pas ainsi, ses méfaits augmentent sans mesure…

Pas de vacances pour ceux qui aiment…

Ceux qui s’adonnent à l’amour ne commettent pas un crime, mais détruisent le pont de pureté qui les relie au bonheur.
Bouddha

Dirons‑nous que, tous plus ou moins, “nous passons nos vies à couver des œufs pourris” ?

N’est‑il pas évident que Jésus, s’il revenait, serait invité à produire ses titres de théologie, et devrait pour être encore adoré par ses prêtres officiels, se conformer à leur enseignement, c’est‑à‑dire renoncer au sien ?

Vieux proverbes :
Si tu as quelque chose de vraiment important à dire, dis‑le aux chiens.

Il sera toujours rejeté celui qui ne sait aimer ce qu’il a…

Es‑tu convaincu ?
Assez pour souhaiter l’être davantage…
Alors : prêche…

Pas de vision qui ne corresponde à une réalité…

Que sommes‑nous, sinon les cellules interchangeables et pratiquement anonymes d’une énorme et très abusive méduse que les uns appellent le Grand Adam, les autres l’Espèce, l’humanité etc.
Et que les ésotéristes italiens de la renaissance appelaient parfois la Stregge (La sorcière).

Nous vivons mentalement sous de telles charges de vermine que nous en sommes écrasés et ne pouvons plus penser réellement. Nous le savons ; Mais nous avons une telle habitude de nos vermines que nous y tenons davantage qu’à la liberté et à la vie, exactement comme les toxicomanes à leur drogue… Il y a longtemps que nous avons cessé de nous appartenir à nous‑mêmes pour ne plus appartenir qu’à nos maladies.

L’homme appartient à la Société. Il ne doit vivre que selon les impulsions qu’il en reçoit. Et il n’est plus une seule impulsion actuellement, qui ne comporte obligation de contribuer à la désintégration de ladite société.

Le mieux que nous puissions faire, en cette vie, n’est‑il pas d’adopter un compromis de simplification ou de commodité en normalisant des erreurs comme Rameau a tempéré le piano ?

Ce qui est important, ce n’est pas de bien penser mais de penser dans les règles, selon les disciplines en honneur. Un esprit insoucieux des conventions et des usages n’est qu’un malappris sans caution ni références. Mais un crétin respectueux des normes est un gentleman correct, un académicien ou un lord en puissance.

Il y a un mystère des pouvoirs.
Il y a un mystère de la réussite. Il y a un mystère de l’amour.
Puis il y a un secret de la joie.
Et c’est à ce secret que sont enclos tous, les mystères…

Le mot pardon porte un faux nez. Il se pare d’une grandeur qu’il emprunte
Le vrai mot est oubli.
Car rien n’est pardonné avant que tout ne soit oublié.

Vie et mort sont en complémentarité et forment une unité absolue. Mais la mort n’est‑elle pas la face pitoyable de cette unité ?
La vie nous tourmente à longueur de jours et de nuits. Or, la mort n’a‑t‑elle pas, le plus souvent, la gentillesse d’endormir le patient avant de remplir son office ?
Elle endort.
Et, dans l’hypothèse la moins favorable, le sommeil continue…

L’imagination est un sens, au même titre que la vue ou l’odorat. Tel était du moins le sentiment des anciens Égyptiens, pour qui les “sans imagination” étaient donc des infirmes, et même des impuissants en l’acception génésique du mot.

Peut‑on dire que certaines gens boitent de la cervelle ? Et que certaines autres louchent de l’esprit ? Ou grippent, charbonnent, patinent ?

S’il est vrai que les rêves des individus se réalisent toujours, comment n’en serait‑il pas de même des rêves des collectivités ?

Et s’il en est réellement ainsi, comment l’avenir de l’humanité ne serait‑il pas inclus aux rêves des hommes d’aujourd’hui ?
Et des hommes du type le plus courant et banal, le plus médiocre, puisque ce sont ces hommes — là, de toute évidence, qui sont les plus nombreux ?

Constatations :

  1. On n’est jamais seul complètement. Toujours quelqu’un survient à l’instant le plus inattendu. Pas de grand solitaire qui, ne puisse en témoigner…
  2. Jamais aide ou secours ne viennent d’où on les attend.

Pour tout arranger, disait Oscar Wilde lorsqu’on parlait des duretés de la vie ou de la méchanceté des gens, retournons vite dans le ventre de nos mamans…

Peut‑on prétendre que le goût des glanes, des notations sans rapport les unes avec les autres, des pensées en vrac et des idées en macédoine est en somme celui du pot‑pourri ?
Bien sûr. Mais il ne faut pas oublier que cette recette est celle des abeilles et que le miel est justement un pot‑pourri…

La souffrance est un privilège.
Le désespoir aussi…

Allons au fond de nos chagrins. Mais n’y restons pas. Donnons un coup de talon et nous serons déjà dans la joie et la lumière, car ces sortes de remontées s’effectuent en flèche. Le ciel aspire…

Éducation, dressage, conformisme, instruction, standard, confection… Qui donc s’habille encore sur mesure, mentalement surtout ? Notre âge est celui de la préfabrication intellectuelle. Des écoles spécialisées pétrissent les esprits selon un certain nombre de formules types… Demain la termitière…

Cette vie‑ci est, pour chacun de nous, le bout d’éternité qui pend du ciel… S’en saisisse qui peut…

Dites n’importe quoi n’importe comment. Mais n’oubliez pas d’y ajouter une petite pincée de Dieu.

Si tu veux absolument faire comprendre ceci ou cela à un individu d’une autre formule que la tienne, et si tu n’y parviens pas, ce qui est naturel… Il y a certainement un idiot quelque part…

Y a‑t‑il réellement un Royaume de lumière ? Certainement. La preuve ; nous en sommes les ombres…

Nous rêvons trop bas pour que notre civilisation ne soit pas ce qu’elle est…

Il semble que les gens soient de plus en plus nombreux à vilipender les enseignements mystiques ou à en démontrer les imperfections. Ne serait‑ce justement pas parce qu’ils en ressentiraient le besoin ?

Comment s’insurger contre Dieu sans en posséder la notion ?

Les choses essentielles sont à la fois les plus simples et les moins nombreuses. Mais elles sont celles :

  1. Que l’homme a le plus de difficulté à prendre au sérieux.
  2. Et le plus de difficultés à ne pas oublier.

S’agenouillerait‑on pour prier, et depuis si longtemps, s’il n’y avait un instinct pour nous y pousser, et un avantage à obéir à cet instinct ? (Mê$me question pour la jonction des mains.)

Songer à me corriger plutôt qu’à changer l’ordre du monde.

Souris. On te rendra peut‑être ton sourire. Mais ne crois pas qu’on te le doive.

Rien ne m’est dû.

Tout ce qui vient de l’extérieur est vain, vide de sens et fallacieux.

Fais la paix en toi.

Puis‑je expliquer l’Ami à quelqu’un pour qui Il n’est point Ami.
Djalal ad dine Roumi

Les lois de la réussite sont certaines, mais elles le sont par ce que la majorité s’incline de gré ou de force, consciemment ou inconsciemment et tout cela sans conscience.

Nous cherchons à connaître pour apprendre à ne pas connaître…
Novalis

Pourquoi ai‑je peur de demander, puisque c’est le plus sûr moyen de grandir sans rien devoir à moi‑même et surtout sans le croire ?

Je me plains de la méchanceté des hommes et que la bonté de Dieu n’intervient pas assez.
C’est donc que je ne fais rien.

Installe en toi la joie.

Rien ne nous rend si nuisibles qu’une grande douleur.

Je n’aime pas celui qui ne dort pas, dit Dieu.
Charles Péguy
C’est‑à‑dire : celui qui ne s’abandonne pas.

Soyons accueillants, mais non esclaves. “Il se faut préserver une arrière‑boutique toute sienne…
Montaigne

Aie compassion de ceux qui souffrent, mais ne te révolte pas : ce serait accuser Dieu

Les hommes sont méchants”, dis‑tu. À quelle espèce appartiens-tu donc ?

Si je suis, Dieu est. Repose en cette certitude.

Quand tu es malade, remercie pour ce qui va bien, et pense à la joie.

Compte et recompte tes bonheurs tu n’auras pas le temps de gémir.

Philosophe, moque‑toi de ton superbe isolement !

Tu vas accuser cet homme ? Pense bien vite à tout ce que tu lui dois.

Te cherche pas Dieu, tu ne ferais que le fabriquer. Cherche seulement la paix.

Rien n’est définitif, surtout pas la croyance.

Une décision n’est jamais bonne si elle est pour demain !

Ne sois pas trop zélé pour délivrer autrui de son erreur : tu pourrais bien lui imposer la tienne !

Le devoir pour moi, le droit pour les autres.

Travaille et réfléchis. Puis fais table rase de tes conclusions. Reste disponible.

Expérimente, mais garde toi d’interpréter…

Ce que l’on a, est toujours suffisant.

Il en est des défauts comme des phares des voitures. Seuls ceux des autres nous aveuglent.

C’est seulement quand le puits est sec qu’on connaît le prix de l’eau.

Réjouissons‑nous des reproches : ils contiennent toujours plus de vrai que les compliments.

Nous sommes d’éternels enfants et nous courrons sans cesse après des jouets nouveaux.

Des formules, tout cela ? Pas tout à fait. Disons : de la matière à formules. Une matière qu’il y a lieu de pétrir, d’ajuster et de frapper façon médaille à l’antique.

Et c’est sur vous tous que je compte absolument pour que nous fassions notre recueil, celui dans lequel nous pourrons puiser en toutes occasions et circonstances avec la certitude d’y trouver la bonne clé, ou à défaut le bon rossignol…
Concernant les choses de l’esprit, les rossignols valent les clés et ne sont pas moins licites. Peu importe que l’on soit dans la vérité par effraction pourvu que l’on y soit.

Georges Saint‑Bonnet
cours Méthode Unitiste série Notes marginales N°6 et suivant


Croix de Lumière

Thèmes : lucidité — exercices