La joie
Vibration subtile et force de guérison
Socrate a dit : “Le plaisir naît de la cessation de la souffrance”.
Et la chose est assurément vraie en une certaine mesure pour le plaisir au niveau de la cave et pour les gens qui vivent là. Mais elle ne l’est plus pour la joie…
La joie, d’abord, ne se manifeste qu’à partir du rez‑de‑chaussée. Son rayonnement est comparable à celui de la lumière qui n’est pas faite pour aller au‑delà d’une certaine densité. Mais, dès lors que l’on se trouve au niveau utile pour la saisir, on constate qu’elle n’est pas davantage l’absence, que l’envers de la souffrance, mais autre chose.
Quoi ?
Un élément spécifique, une vibration spéciale et matérielle, existante par elle‑même et par conséquent coexistante à toutes choses, susceptible d’être perçue en même temps, avec, malgré ou contre.
Entendons par là que l’on peut souffrir par exemple, et cependant sentir de la joie passer ou vivre en soi, exactement comme on peut avoir très mal à la jambe ou au bras et cependant savourer un verre d’eau fraîche si l’on a par ailleurs très soif…
Entendons encore par là que la joie n’est pas le produit des circonstances ou des combinaisons humaines, si astucieuses ou expédientes soient‑elles, mais un élément d’existence et d’ordre cosmique, comme l’air, l’eau, le feu ou l’électricité.
Et encore qu’aucun état psychologique ne saurait la produire mais seulement en permettre ou en favoriser la perception…
Reste que la joie peut et doit être considérée comme un baume et que du moment qu’elle est perçue, toutes douleurs tendent à s’amenuiser et toutes maladies à s’éloigner. Elle agit comme une onction purificatrice. Elle décape, assainit, cicatrise, tonifie, reconstitue et produit une manière de dédoublement et aussi de dégagement.
Celui qui l’obtient se saisit en tant que corps d’une part et en tant qu’esprit de l’autre, assez obscurément au début, mais au fur et à mesure de ses progrès, avec de plus en plus de netteté.
Et le moment vient où lorsqu’il souffre, il se perçoit comme un être subtil, son propre corps, souffrir auprès de lui sans en être atteint en sa totalité comme il l’eut été deux ou dix ans plus tôt…
Il souffre moins, voire plus du tout…
Son cas est à la fois celui des martyrs et des sujets en état d’hypnose.
Georges Saint‑Bonnet
Dépassement et réalisation
Thème : Joie