— Chemins d'Éveil Chemins de Joie

Textes spirituels, repères unitistes et pratiques de conscience pour cheminer vers l’Éveil et la Joie


Règle d’Or

Une voie simple vers la libération intérieure selon Georges Saint‑Bonnet

Fleurs jaunes dans un champ

Éprouvez‑vous une déception ? Un ennui vient‑il de vous arriver, ou un chagrin ? Quelqu’un vous a‑t‑il insulté, bafoué, vexé ?

Vite, efforcez‑vous d’y moins penser ou de n’y plus penser du tout, en substituant à l’idée même de ce chagrin, de cet ennui ou de cette vexation, l’idée de tel ou tel concept métaphysique ou de telle ou telle « entité supérieur » de votre choix…

L’idée de Conscience Universelle, si vous le voulez, ou d’Absolu, de Sérénité, de Dieu, de Christ, d’Harmonie…

Cela ne dépend que de vous, de vos opinions ou de vos sentiments. Ce qu’il faut, c’est que le choix soit bien selon votre esprit ou votre cœur, et que vous puissiez, comme par réflexes, opérer ou “amorcer” la substitution dès que se manifeste l’idée désagréable, pénible ou douloureuse.


Et c’est tout.

Magie ou miracle

Peu importe comment et pourquoi. Mais, le fait est là : un charme opère, une mécanique géante se met en marche et pour ceux qui n’abandonnent pas à la première tentative, l’ennui ou le chagrin ne tardent pas à s’abolir, à se dissoudre dans l’infini, à disparaître comme par magie ou miracle…

— Même des ennuis de santé, d’argent, ou de mésentente ?

— Oui – s’il y a réellement dérivation ou amorce de dérivation sur une grande et haute idée – n’importe quel ennui, désagrément ou trouble disparaîtra…

Et disparaîtra – que l’on nous entende bien – non seulement en ses manifestations psychologiques et même physiologiques, mais également en ses origines, causes, ou principes…

Acceptable ? Inacceptable ?

Qu' une telle affirmation ne soit pas facilement acceptable, nous en convenons bien volontiers. Est‑ce à dire qu’elle soit à rejeter sans plus ample examen ? Elle n’est pas plus difficilement acceptable par exemple, que celle de Descartes déclarant qu’un certain état de joie favorise la réussite de tout ce que l’homme entreprend, y compris de gagner aux jeux de hasard1… Ces deux affirmations, au surplus, sont de même ordre, et, comme nous le verrons par la suite, procèdent des mêmes « mécanicités » de l’univers.

1 « Descartes par lui‑même » de Samuel de Sacy, P. 143 et suiv. éd. du Seuil.

Ce qui doit compter

Par ailleurs ce qui compte ou doit compter d’abord, en ces sortes de matières, comme en matière scientifique, du reste, ce n’est pas ce que l’on peut ou non accepter a priori, mais ce qu’il faudra bien admettre, qu’on le veuille ou pas, en raison d’une expérimentation honnêtement conduite…

Or, concernant cette vieille règle traditionnelle si justement appelée Règle d’Or, il est justement de tradition que l’on dise :

« Il n’est pas nécessaire d’y croire pour en bénéficier. Alors, même si vous n’y croyez pas, essayez. De toute évidence, vous ne courez aucun risque. Et vous verrez bien ce qui arrivera. »

Passer du négatif au positif

Suggérera‑t‑on que toute « l’astuce » de la Règle d’Or est contenue en ce conseil, immanquablement opportun par ailleurs, en sa banalité : « si vous avez un ennui, pensez vite à autre chose ». Ce serait faire preuve d’une singulière platitude d’esprit, d’une part, et ce serait, d’autre part, s’hypnotiser sur la borne au point de ne plus voir la route.

Certes, le fait de ne plus penser à l’ennui ou d’y moins penser en raison du processus même de dérivation a son importance. Il compte. Mais il est loin de compter autant que le fait de « s’accrocher » – on nous passera le mot pour son exactitude – à une entité supérieure.

Ne plus penser à ceci ou à cela correspond au drainage des homéopathes. Avant d’appliquer le remède, on nettoie. Et c’est indispensable. Mais il faut aller plus loin si l’on veut une guérison rapide. Il faut passer du négatif au positif, solliciter les vertus d’un élément actif, capable de tonifier, porter, soutenir, aspirer etc., d’un élément chargé de forces vivantes, exactement : d’un égrégore…

Et c’est l’entité supérieure choisie – qu’il y a lieu de considérer, « à la lettre », comme un réservoir de forces agissantes – qui pourvoira aux reconstructions mentales, affectives ou physiologiques utiles.

Nous insisterons néanmoins

Nous n’ignorons pas ce que peuvent dire, sur ce point, les aprioristes du scepticisme, et nous n’ignorons pas davantage qu’il est à peu près impossible de les ébranler en leurs positions, étant donné que ces positions ne sont pas « rationnelles » ainsi qu’ils le prétendent et croient, mais bel et bien sentimentales.

Nous insisterons néanmoins en observant :

« S’il rend ou s’il ne rend pas »

1- Qu’il n’est en aucune manière question, concernant la pratique éventuelle de la Règle d’Or, d’accepter un dogme et de se soumettre à une obédience quelconque. Nous nous trouvons en présence d’une mécanique, répétons‑le, et cette mécanique fonctionne aussi bien avec et pour les incroyants qu’avec et pour les croyants.

Il s’agit donc, qu’il nous soit permis de le dire avec une trivialité qui éliminera toute équivoque, d’essayer un « truc » et de « voir ». De voir s’il marche ou s’il ne marche pas, s’il rend ou s’il ne rend pas…

Disons : À une “recette”

2- Qu’il serait assurément grotesque de nous croire sur parole, même si l’on tient notre sincérité pour évidente. Sincérité n’est pas preuve… Mais ne serait‑il pas aussi grotesque, même si notre sincérité n’était pas évidente, d’opposer un refus de principe à une… Disons : à une « recette » qui, si elle est ce que nous affirmons, s’avérera indiscutablement à l’usage, l’une des plus précieuses que l’on puisse connaître ?

Nous conclurons ainsi, si notre lecteur le veut bien :

Plutôt dix fois qu’une

Il y a là, à tout le moins, une expérience à faire. Et une expérience qui vaut d’être tentée plutôt dix fois qu’une.

Car enfin, si le fait que nous avançons est exact, que l’on veuille bien nous en citer un autre qui soit humainement plus gros d’intérêt et plus lourd, tant à l’individuel qu’au collectif, d’heureuses promesses, possibilités et conséquences.

Le procédé est trop simple, hélas ! Trop simple pour que l’on puisse croire à ses vertus ! Nous sommes avides de complications. Nous en avons besoin comme les intoxiqués ont besoin des drogues qui les détruisent.

Nous sommes avides de techniciens et de spécialistes, en outre, de gens qui sont censés savoir et pouvoir, de gens à qui nous attribuons des talents exceptionnels, des qualités sublimes…

Et d’aucuns diront, plutôt que d’essayer :

Saints et Maîtres

Sans doute il y a des « êtres » supérieurs qui peuvent obtenir des résultats de cette espèce, soit pour eux‑mêmes, soit pour autrui. Les Saints, par exemple, ou des individus miraculeusement doués. Mais nous ne sommes pas des Saints, nous ! Et nous n’avons pas « le don »…

Il est certain que les Saints – ou les « Maîtres », pour sacrifier à la terminologie mise à la mode par les hindouistes – obtiennent plus vite et plus sûrement de bien plus considérables résultats que le commun des mortels.

Et, pourquoi ?

Mais justement parce qu’ils ont développé à un très haut degré leur faculté de se « concentrer » sur (ou de « s’abstraire » en…) l’Absolu, Dieu ou l’un de ses attributs… Ils déclenchent d’un coup la prodigieuse machine qui, pour peu qu’ils le veuillent, se trouve en une seconde lancée à plein régime.

Or,

Essayer ! Essayer !

1- N'a‑t‑il pas fallu qu’ils commencent, ces Saints et ces Maîtres ? N’a‑t‑il pas fallu qu’ils « essayent » ? Et qui sait si ce n’est pas parce qu’ils ont essayé – peut‑être même sans y croire au début – qu’ils sont entrés dans le merveilleux circuit et que, de réussites en réussites, ils sont finalement devenus ce qu’ils sont ?

2- Et qui ou quoi donc au monde pourrait bien empêcher le plus humble et le plus déshérité d’entre nous de tenter sa chance et d’essayer de faire en petit, ce que Saints ou Maîtres font en grand ?

Que l’on n’en doute pas :
La « mécanique » répond toujours.

Georges Saint‑Bonnet
Extrait de « Toutes les Forces du Monde sont à votre disposition… »
(Lucidité N° 4), p. 16 et suiv., par Georges Saint‑Bonnet.

Thème : Exercices

Croix de Lumière