— Chemins d'Éveil Chemins de Joie

Textes spirituels, repères unitistes et pratiques de conscience pour cheminer vers l’Éveil et la Joie


La venue des mots

Libérer le mental pour éveiller la conscience

Cet exercice est d’origine chinoise.
Il nous vient du bouddhisme et n’est généralement donné qu’après des années de préparation philosophique.
On veut que le moine, avant de pratiquer sache exactement ce qu’il fait, et pourquoi.
Ainsi l’exige la sagesse.


PREMIER TEMPS

Installez‑vous confortablement dans un fauteuil, sur un divan ou sur un lit. Au début en tout cas. Après vous pourrez tout aussi bien pratiquer en faisant vos courses qu’en prenant votre bain.
Détendez‑vous. Puis dites‑vous : “Des mots vont me venir à l’esprit. Pas des phrases. De simples mots qui ne voudront rien dire et que j’articulerai, mentalement, d’une façon aussi passive que possible”.
Et vous commencerez… Par exemple :
“Charrue, boîte à musique, franchise, hostie, luxe, route, guéridon, etc. etc.”
Ne pensez pas. N’essayez pas d’enregistrer les mots afin de vous en souvenir plus tard. Ne vous préoccupez pas de ce qu’ils représentent, rappellent ou suggèrent. Laissez‑les passer dans votre esprit, tout simplement, comme une coulée liquide, onctueuse.

RENVERSER LA MÉCANIQUE

Une chose très importante est à surveiller, et à éviter : les associations…
Si par exemple le mot domino vous est venu, qu’ensuite vous viennent les mots : carte, taro, divination, mage etc., cela est mauvais, de même qu’il serait mauvais d’articuler, pour donner un autre exemple : route, fossé, voiture, cantonnier, etc.
Dans le premier cas, il convenait de refuser le mot carte et d’attendre qu’un autre vienne, par exempte : chat, ou courge, ou Victor Hugo etc. Dans le deuxième cas, il convient de refuser fossé.

Pourquoi cela ?
Parce que l’un des buts de l’exercice est de renverser le mouvement ou, si l’on préfère, le mécanisme habituel de la pensée.
Que fait‑on, lorsque l’on pense et que l’on veut s’exprimer ? On puise dans l’arsenal des mots. On va les chercher, puis on les ajuste les uns aux autres, et une bonne part de cette collaboration s’effectue par association d’idées, d’images, de mots, d’assonances, etc. ou par opposition.
Je dis route et, ce disant, je vois une route. Je vois du même coup les fossés, une voiture, des arbres, un cycliste, etc.. Un mécanisme aura joué, un automatisme. Et c’est de cet automatisme qu’il faut sortir.

Si je dis franchise, et qu’ensuite j’ajoute postale, là encore un automatisme mnémonique aura joué. Et également si, ayant dit juge, je dis ensuite tribunal, condamné, acquitté, notaire, etc. etc.

    Ce qu’il faut, c’est que :
  1. Au lieu d’aller chercher les mots, je les laisse venir à moi.
  2. Et qu’ils viennent à moi sans suite logique, sans que jouent les mécanismes ou automatismes habituels de ma pensée.

Là alors, et alors seulement, j’aurai renversé le mouvement. Et je me serai de ce fait donné une chance, — bien petite au début, mais qui grandira — une chance prodigieuse en ses perspectives : celle de m’éveiller, de m’arracher à l’hypnose…

REPOS DÉTENTE…

Nous allons voir le comment et le pourquoi de cette chance. Mais nous voulons noter auparavant l’un des premiers avantages de cet exercice, qui est de détendre le mental et, très rapidement, d’aboutir à un considérable repos de tout l’organisme, y compris du physique…

Pas au début, peut‑être. En tout cas, pas pour tout le monde. Certains se crispent et sont parfois même si désireux de “faire venir » les mots que justement ils les empêchent d’arriver, d’où dépit et surcroît de tension.
L’erreur de ceux‑là est de “vouloir” que les mots viennent. Vouloir en cette matière est inutile. Il suffit de désirer. Le reste s’accomplit de soi seul, en raison de la façon dont la mécanique mentale est fabriquée.
Tout le secret est d’attendre, de demeurer passif.

C’est, au contraire, pour que les mots ne viennent pas qu’il faudrait vouloir, et l’on y perdrait son temps et sa peine, exactement comme si l’on voulait empêcher les choses d’obéir aux lois de la pesanteur. Nous le répétons : il y a là, bien qu’on n’en ait pas toujours une conscience immédiate, une fatalité mécanique, un mouvement préétabli, imprescriptible.

Bref, le bon résultat final n’est pas douteux. Tous peuvent et doivent y parvenir. Beaucoup le font d’ailleurs du premier coup. Et, dès lors que le mouvement de “venue” est suffisamment perçu et fixé, les phénomènes de détente et de repos apparaissent, bien supérieurs à tout ce que l’on peut obtenir par les autres méthodes de relaxation. Celle‑ci est indiscutablement celle qui donne les meilleurs résultats, des résultats en profondeur.

Ce n’est pas tout. Il y a mieux. Et c’est que repos et détente ainsi acquis comportent une espèce de libération, de paix et de sérénité dont ne tardent pas à naître les états de joie.

Ici, nous semble‑t‑il, il est inutile d’insister. On sait ce que sont les états de joie dont nous parlons. On sait où ils conduisent fatalement pour peu qu’on les pratique. Et même s’ils ne conduisaient à rien et n’étaient que ce qu’ils sont, ce ne serait déjà pas si mal.

Que peut désirer un être qui possède la joie ? Dieu lui‑même, nous en sommes bien d’accord, n’est‑ce pas, ne saurait rien lui offrir de plus…

Georges Saint‑Bonnet
Méthode unitiste – Nouvelle série

Thèmes : Conscience – Exercices

Croix de Lumière