La non‑souffrance
Une méthode intérieure pour dissoudre la douleur
LIQUIDER LA SOUFFRANCE
Parlons aujourd’hui de notre moyen de liquider la souffrance…
Moyen qu’il est INDISPENSABLE D’UTILISER…
Et dont on DOIT SE FAIRE UNE LOI, UN DEVOIR D’UTILISER CHAQUE FOIS QUE L’OCCASION S’EN PRÉSENTE.
EN QUELQUES SECONDES
Un ennui vous advient‑il, une déception, un chagrin, un coup dur ? Vite — même s’il s’agit de l’un de ces coups dont certains disent qu’on ne peut en esquiver la blessure sans manquer aux sentiments les plus sacrés — réagissez ainsi :
- Laissez la douleur vous envahir. Livrez‑vous, abandonnez‑vous entièrement à elle.
- Dites‑vous, si violente qu’elle soit, qu’elle ne l’est pas encore assez, que vous devez l’éprouver jusqu’aux limites du possible.
- Intensifiez‑la par tous moyens (y compris par autosuggestion) autant que vous le pourrez…
- Pour l’éprouver en ce qu’elle peut avoir de plus aigu, précisez bien, en vous‑même, le point où elle vous fouille avec le maximum de cruauté, (Poitrine généralement, gorge, creux de l’estomac…)
- Dès lors vous n’avez plus qu’à vous concentrer sur ce point, qu’à vous replier sur vous‑même et en vous‑même dans l’unique idée de subir, d’être réduit à néant par la torture.
Le résultat ne se fait jamais attendre bien longtemps. En moins d’une minute au début, en quelques secondes par la suite, (car on s’entraîne rapidement à cette pratique) on constate qu’il n’y a plus rien sur quoi se concentrer. La douleur s’est enfuie. Elle s’est dissoute, diluée, dissipée.
LA GRANDE ILLUSION
Elle n’était qu’une illusion — cette notion s’imposera peu à peu comme une évidence — et elle a eu le sort que méritent les illusions.
Et voici ce dont il faut être convaincu, expérimentalement convaincu à jamais :
- LA DOULEUR EST UNE ILLUSION
- LA JOIE SEULE EST RÉELLE
Précisons maintenant quelques points :
MÊME PAS DIFFICILE
Il est bien évident qu’il convient, dès qu’on entreprend la concentration sur le point le plus douloureux, de chasser de son esprit tout souvenir de l’origine ou de la cause du mal.
S’il s’agit d’un décès : ne plus penser au décédé, S’il s’agit d’un chagrin d’amour : ne plus penser au cruel ou à la cruelle.
Impossible, dira‑t‑on ?
Non :
Même pas difficile, Il suffit d’une seule occasion, d’une seule tentative pour s’en convaincre. L’opération qu’il y a lieu d’effectuer ici n’a aucun rapport avec l’arrêt des pensées préconisé par les yogis. Pas question de faire le vide en son esprit, mais seulement d’en « modifier » la polarisation, d’y substituer un « braquage » à un autre braquage, celui que déterminera l’intensification de la douleur à celui que déterminait le souvenir du décédé ou l’obsédante image de l’amant ou de l’amante… On peut dire que l’opération est des plus réalisables pour quatre raisons au moins :
- Il ne s’agit pas d’abolir telle ou telle image pour un temps illimité. Une ou deux secondes suffisent. Un mécanisme se déclenche. Et le reste vient tout seul ou presque.
- La simple décision d’intensifier la douleur modifie déjà l’orientation de la pensée.
- L’intensification elle‑même, dès qu’elle devient effective, produit une espèce d’aspiration,
- L’opération, en son ensemble, correspond strictement :
- À la constitution de la machine humaine (de l’INDUIT) ;
- À la nature du courant qui l’anime (de l’INDUCTEUR).
- (Les notions évoquées en ces deux derniers points seront précisées),
DE LA DOULEUR À LA JOIE
Que se passe‑t‑il, l’illusion douleur s’étant dissipée, si l’on continue à se concentrer sur le point précédemment douloureux ? Tout simplement qu’une sensation de Joie tend à se manifester…
Et se manifeste effectivement pour peu que l’on persiste.
Or — et il faut s’en rendre nettement compte — ce phénomène n’a rien de mystérieux ou d’anormal. Il est au contraire parfaitement explicable et naturel.
Essayons de le montrer :
L’EXISTENCE
L'existence résulte, pour nous, de quatre sortes d’éléments différents.
- Solide (Terre) Abstinence possible 30/50 jours
- Liquide (Eau) Abstinence possible 30/50 heures
- Gazeux (Air) Abstinence possible 3/5 minutes
- Magnétique (courant inducteur) (Feu) ?/? Fractions de seconde, pas d’abstinence possible, la mort, pratiquement survient dans l’instant même où s’interrompt le courant.
Bien que ce dernier apport soit le plus impérieusement indispensable des quatre, les sciences matérialistes l’ignorent ou néglige d’en faire état. Peu importe, il suffit qu’il soit et que nous puissions constater :
- Que si les trois premiers nous apportent des éléments de plus en plus subtils…
- … Il nous apporte, lui le moins matériel, le plus subtil de tous, celui qui correspond, par exemple, aux ondes qui animent les récepteurs radiophoniques… … Aux ondes « d’induction cosmique » ou « d’induction divine », comme on voudra, qui nous pénètrent et nous donnent vie, pensée, conscience etc. etc.
QUEL NOM DONNER À CE COURANT
Indiquons‑le au passage :
Cette induction cosmique ou divine peut être assimilée au prana, à l’od, aux fluides, à l’éther, ou à l’éthair, voire même à l’aither puisque ces trois mots sont utilisés par trois écoles différentes pour désigner une même chose, aux influx etc. etc.… jusque et y compris au Saint‑Esprit.
Quelle appellation allons‑nous choisir ? Si vous le voulez bien, nous n’en choisirons aucune et nous les utiliserons toutes, pour notre commodité, au gré des occasions. Nous en utiliserons même quelques autres, l’essentiel étant de se comprendre en cette matière où l’esprit ne vit que d’adaptations. Par exemple :
Force principielle ou force tout court. Courant primordial, Vie avec un grand V…
Ou bien :
Souffle, Verbe, Esprit…
Ou encore :
Vie ou Force non différenciée, non manifestée dans le relatif.
Et nous voici parvenus, avec cette dernière phrase, au point tournant de notre propos, si l’on préfère : de notre essai d’explication…
FORCE INDIFFÉRENTE
Cette force, donc, nous arrive de « quelque part », nous pénètre, nous arrive « de partout » et nous « imprègne » par l’intérieur autant que par l’extérieur, et ceci d’une façon plus sensible, d’une façon que nous pouvons plus facilement intensifier et rendre consciente par le chakra coronal… Nous « induit » et nous confère cet ensemble de possibilités qu’on appelle la vie…
Mais qu’est‑elle exactement au moment où elle nous arrive ?
Une force, évidemment, et rien d’autre. Une force parfaitement indifférente et neutre.
Elle est comparable à un courant électrique ou à l’eau d’une canalisation. Le courant et cette eau comportent de multiples et dissemblables potentialités : L’électricité ou l’eau, selon les circonstances ou l’usage qu’on en fera, pourront produire du chaud ou du froid, désaltérer ou noyer etc. etc.…
De même notre courant qui donnera le meilleur ou le pire suivant…
Ne disons pas :
Suivant qu’on l’utilisera d’une façon ou d’une autre car la question — bien que primordiale — ne se pose que pour une infime minorité d’hommes, l’énorme majorité ne la soupçonnant même pas…
Disons :
Suivant l’affectation résultant des circonstances, de l’automatisme, des habitudes, des déformations, de l’impondérable etc.…
EST‑CE LA FAUTE DU COURANT ?
Simplifions, et, pour simplifier, prenons un exemple : celui d’un individu qui, au moment où commence notre démonstration, lit un journal en somnolant… Il baigne dans « l’induction ». L’induction l’imprègne, mais il n’en fait pour l’instant qu’une très faible consommation. Il vit en somme au ralenti. Or, voici que ses yeux tombent sur un filet annonçant que l’un de ses confrères ou de ses concurrents vient d’obtenir le ruban rouge. Du coup, envieux et jaloux, il se réveille et se met à consommer davantage d’induction, c’est‑à‑dire de courant. Il n’en est que d’autant plus envieux et jaloux. Il souffre. Mais pouvons‑nous penser que sa souffrance provienne de l’induction ou du courant ? Ce serait accuser l’eau de la pente qui l’attire ou l’électricité de l’appareil qui l’absorbe.
Supposons que notre individu ait appris sa propre promotion plutôt que celle d’un autre. De toute évidence, il nagerait dans la joie au lieu de mariner dans les rancœurs. Sa consommation « d’induction » aurait pareillement augmenté. Mais le courant n’aurait pas changé de nature.
À PARTIR DU MOMENT ET DE L’ENDROIT OÙ NOUS SOMMES « INDUITS »
Le courant est un. La force qui nous anime est une et nous parvient absolument indifférente et neutre. C’est à partir du moment et de l’endroit où elle nous « induit » qu’elle devient agrément ou désagrément, ceci en fonction, répétons‑le, des préoccupations, des tendances, des incidents ou des impondérables qui en déterminent l’emploi.
TOUT EST BON POUR LES BONS
C'est évidemment la dominante mentale qui détermine pour chacun de nous, l’orientation habituelle du courant. Et c’est ainsi que tout est occasion d’envie pour les anxieux, de méchanceté pour les méchants, d’irritation pour les irritables et de bonté pour les bons.
MANIFESTATION DE L’ABSOLU
Mais revenons à notre recette, à notre moyen
- 1er – de liquider la douleur,
- 2e – d’accéder à la joie en augmentant la durée de la concentration.
Comprend‑on pourquoi et comment, « ça marche » ?
Voit‑on clairement le mécanisme de cette possibilité quasi miraculeuse ? II doit maintenant nous apparaître d’une déconcertante simplicité :
La concentration qu’il convient d’effectuer, nous l’avons vue :
- Est une concentration sur le point douloureux non sur la cause ;
- Est une concentration sur un résultat et non sur un processus, une concentration, non sur la cause ou le processus, mais en résumé sur l’INTENSIFICATION DU COURANT…
Ce n’est donc pas la cause qui sera perçue, c’est le COURANT…
Et le courant, qui est rentré, ne saurait déterminer par lui‑même aucune espèce de sensation douloureuse ou seulement désagréable. On peut, on doit même dire : au contraire. Car sa neutralité — qui manifeste celle de l’Absolu — n’est pas exactement une neutralité et s’oriente plus volontiers selon le positif que le négatif, c’est‑à‑dire selon, la joie que selon la douleur…
Georges Saint‑Bonnet
Méthode unitiste 1953
Thème : Joie